Pensées du Dalaï-Lama. -- Remarques préliminaires. -- Philosophie religieuse. -- Yoga et religion. -- Dévotion.
« Chercher l'émancipation est une chose,
« y parvenir en est une autre,
« une autre encore de le rester. »
« y parvenir en est une autre,
« une autre encore de le rester. »
Nous nous en remettons à ce passage du Dr. W.Y. Evans-Wentz, "Le yoga tibétain et les doctrines secrètes", publié en 1948 à la Librairie d'Amérique et d'Orient.
" De nombreuses erreurs d'opinion qui ont cours en Europe sur la Doctrine de l'Illuminé sont dûes à la connaissance insuffisante de cette doctrine. Malheureusement, aussi, il y eut de la part des religions opposées beaucoup d'erreurs d'interprétation, quelques-unes délibérement, d'autres du fait de l'ignorance du subtil transcendentalisme qui fait du Bouddhisme une philosophie plus qu'une religion, bien qu'en fait il soit l'une et l'autre.
" Comme philosophie et aussi comme science de la vie, le Bouddhisme est plus compréhensif que tout autre système scientifique ou philosophique développé à ce jour en Occident, car il comprend la vie dans toutes ses multiples manifestations au travers d'innombrables états d'existence, depuis la plus inférieure des créatures sous-humaines jusqu'aux êtres d'une évolution bien plus avancée que celle de l'homme. En d'autres termes, le Bouddhisme considère la vie comme un tout inséparable sans commencement et sans fin." (p.18)
[...]
" En dehors des sources d'information de langue européenne, dont certaines sont sûres et d'autres ne le sont pas, on connaît assez d'ouvrages faits par les Bouddhistes les mieux instruits des deux Ecoles [N.B.: il s'agit ici de l'Ecole du Nord, avec son Canon Päli, et de l'Ecole du Sud, avec son Canon Tibétain.], pour arriver à la certitude que le Bouddhisme est parallèle au Christianisme au regard des éthiques contenus dans le Sermon de la Montagne, dans les Paraboles de l'Evangile et dans le Décalogue, mais qu'il est plus compréhensif. En d'autres termes, le Christianisme comme le Judaïsme qui est sa base et l'Islamisme qui dérive de l'un et de l'autre, limitent, au moins en pratique, leurs enseignements moraux à l'homme, tandis que le Bouddhisme embrasse, dans son altruisme universel et son espoir de délivrance, toute chose vivante, sous-humaine, humaine et sur-humaine. Bien que le Christ ait dit lui-même que "pas un moineau ne tombe du Ciel sans la volonté de son Père", et que "la gloire du Père s'exprime dans les lys des vallées" (St Matthieu X, 29; VI 28. - St Luc XII, 27 et XII, 28), il existe en Christianisme la croyance irrationnelle et particulièrement occidentale que l'immortalité se limite à l'homme. A l'encontre de saint Paul qui, se faisant l'écho de la croyance vulgaire, disait que Dieu ne s'inquiète pas des boeufs (Ière épître aux Corinthiens, IX, 9), le Bouddhiisme enseigne que toute chose sensible est inséparable, partie du Tout et qu'il ne peut, en conséquence, y avoir de vrai bonheur pour aucun tant que tous n'ont pas atteint l'autre rive." (Ibid. pp 20-21)
" De nombreuses erreurs d'opinion qui ont cours en Europe sur la Doctrine de l'Illuminé sont dûes à la connaissance insuffisante de cette doctrine. Malheureusement, aussi, il y eut de la part des religions opposées beaucoup d'erreurs d'interprétation, quelques-unes délibérement, d'autres du fait de l'ignorance du subtil transcendentalisme qui fait du Bouddhisme une philosophie plus qu'une religion, bien qu'en fait il soit l'une et l'autre.
" Comme philosophie et aussi comme science de la vie, le Bouddhisme est plus compréhensif que tout autre système scientifique ou philosophique développé à ce jour en Occident, car il comprend la vie dans toutes ses multiples manifestations au travers d'innombrables états d'existence, depuis la plus inférieure des créatures sous-humaines jusqu'aux êtres d'une évolution bien plus avancée que celle de l'homme. En d'autres termes, le Bouddhisme considère la vie comme un tout inséparable sans commencement et sans fin." (p.18)
[...]
" En dehors des sources d'information de langue européenne, dont certaines sont sûres et d'autres ne le sont pas, on connaît assez d'ouvrages faits par les Bouddhistes les mieux instruits des deux Ecoles [N.B.: il s'agit ici de l'Ecole du Nord, avec son Canon Päli, et de l'Ecole du Sud, avec son Canon Tibétain.], pour arriver à la certitude que le Bouddhisme est parallèle au Christianisme au regard des éthiques contenus dans le Sermon de la Montagne, dans les Paraboles de l'Evangile et dans le Décalogue, mais qu'il est plus compréhensif. En d'autres termes, le Christianisme comme le Judaïsme qui est sa base et l'Islamisme qui dérive de l'un et de l'autre, limitent, au moins en pratique, leurs enseignements moraux à l'homme, tandis que le Bouddhisme embrasse, dans son altruisme universel et son espoir de délivrance, toute chose vivante, sous-humaine, humaine et sur-humaine. Bien que le Christ ait dit lui-même que "pas un moineau ne tombe du Ciel sans la volonté de son Père", et que "la gloire du Père s'exprime dans les lys des vallées" (St Matthieu X, 29; VI 28. - St Luc XII, 27 et XII, 28), il existe en Christianisme la croyance irrationnelle et particulièrement occidentale que l'immortalité se limite à l'homme. A l'encontre de saint Paul qui, se faisant l'écho de la croyance vulgaire, disait que Dieu ne s'inquiète pas des boeufs (Ière épître aux Corinthiens, IX, 9), le Bouddhiisme enseigne que toute chose sensible est inséparable, partie du Tout et qu'il ne peut, en conséquence, y avoir de vrai bonheur pour aucun tant que tous n'ont pas atteint l'autre rive." (Ibid. pp 20-21)
Philosophie religieuse
Considérant que le but ultime de toute religion est d'émanciper les Hommes en libérant leurs âmes individuelles tout en maintenant la cohésion de l'Humanité, la religion est à la fois le pilier et le ciment du Royaume, ce qui fait des affaires religieuses le centre de préoccupations importantes.
Considérant que le but ultime de toute religion est d'émanciper les Hommes en libérant leurs âmes individuelles tout en maintenant la cohésion de l'Humanité, la religion est à la fois le pilier et le ciment du Royaume, ce qui fait des affaires religieuses le centre de préoccupations importantes.
Officiellement, le bouddhisme tibétain domine, bien naturellement, mais la convergence et l"entente avec et entre les différentes religions de l'Humanité constitue une tendance qui relie le Royaume au monde extérieur.
Toutefois, la convergence avec les religions de l'Humanité ne suffirait pas à justifier la vocation universelle du Royaume, s'il n'avait aussi et peut-être sur-tout l'ambition de maintenir un lien avec le Monde naturel, que les égarés nomment tantrisme, animisme, chamanisme, et autres termes dont ils ignorent le sens caché. Le Royaume aura vocation à en favoriser la révélation aux bienveillants, conformément à sa devise.
Ce qui suit est extrait de l'ouvrage déjà cité du Dr. W. Y. Evans-Wentz traduit par Marguerite La Fuente : "Le Yoga tibétain et les doctrines secrètes ou les Sept Livres de la Sagesse du Grand Sentier" (Librairie d'Amérique et d'Orient, 1948, pp46-47) :
" Considéré comme la psychologie appliquée de la religion, le yoga est la canalisation maîtresse de l'Hindouisme, du Bouddhisme, du Jaïnisme et du Taoïsme. A un moindre degré, il a nourri le développement de la foi Parsie et a influencé d'une façon importante la forme des trois religions Sémites : le Judaïsme, la Chrétienté et l'Islam. Sous une forme dégénérée et mopins systématisée, le yoga joue un rôle même dans les cultes magiques et animistes des races dites primitives (*). Parmi les peuples de culture plus élevée, les invocations, les exorcismes, les messes pour les morts et les vivants, les prières, les chants de mantra, les méditations religieuses, les récitations de chapelets, les méthodes pour atteindre une discipline spirituelle ou une vision intérieure, toutes formes de rituel qui tend à permettre à l'homme une communion mystique avec des puissances plus élevées ou la Libération de l'existence terretre, sont, à des degrés divers, plus ou moins de la nature du yoga.
" Autant que l'on puisse l'affirmer, la préparation du candidat à l'initiation dans les Mystères de l'Antiquité était largement yogique. De même dans les sociétés secrètes des races non-civilisées actuelles le jeûne, la chasteté, la méditation, la pénitence, la purification et d'autres pratiques pour atteindre la discipline spirituelle sont essentielles à accomplir pour le néophyte à qui doit être confié, en initiation solenelle, les Doctrines secrètes de la tribu.
" L'histoire de la monasticité dans l'Orient et l'Occident est à peu près inséparable de celle du yoga. Quand les premiers Chrétiens, gnostiques ou non, vivaient dans le désert et les montagnes de l'Egypte et du proche-orient soit comme solitaires, soit en communautés, observant les trois voeux de pauvreté, chasteté et obéissance, ils greffèrent sur l'arbre de la Foi Chrétiernne une forme de yoga qui semble avoir eu sa source dans les formes monastiques de l'ancienne Egypte (Cf. : Géographie § fuseau horaire), des premiers Zoroastriens et des Hindous. Aujourd'hui dans les Eglises Latines, Grecques, Coptes, Arméniennes et Abyssines, plus que dans les Eglises Anglicanes et Protestantes, les pratiques de yoga, venant de cette origine pré-Chrétienne, ont une grande importance. Dans tous les ordres monastiques Chrétiens, mais spécialement dans l'Ordre des Jésuites, les règles dirigeant l'entraînement spirituel des moines sont basées sur le yoga. Nous trouvons spécialement dans les fraternités Musulmanes des Soufis et des Derviches la même insistance sur la discipline par le yoga du corps, de l'esprit et de l'intelligence.
" Il est particulièrement intéressant d'observer dans cette relation que le Soufisme, bien qu'appartenant à l'Islam dans sa lignée religieuse, reconnaisse quatre stages de développement psychique du disciple, absolument comme dans les systèmes les plus anciens Hindou et Bouddhiste. Ces quatre stages sur le Sentier du Soufisme sont : 1) Hast (humanité) dans lequel les "enseignements de l'Islam et ses lois doivent être observés fidèlement" par le néophyte; 2) Taregut (obtention de la potentialité) dans lequel "le disciple peut laisser de côté toutes observances religieuses (exotériques) et ne penser qu'aux délices de la contemplation"; 3) Araff, "une condition de connaissance proche de l'inspiration", ou la vision intérieure du yoga, dans laquelle les pouvoirs occultes sont développés; 4) Hagegut (vérité) dans lequel un état de sainteté comme celui de l'Arhant est atteint. "Tous désirs, ambitions, idées mondaines doivent être rejetées, car maintenant l'homme est devenu un saint. Les quatre voiles sont tombés et il est libre de communiquer directement avec Dieu, le Soleil Divin dont il n'est qu'une étincelle. Le stage final est généralement achevé dans la solitude, loin des demeures des hommes. Dans le désert, la jungle ou sur les hautes montagnes, l'adepte trouve la paix lui permettant la contemplation sans interruption extérieure "(**).
(*) R. R. Marett : Faith, Hope and Charity in Primitive Religion (Oxford 1932), pp. 5-20, & Sacrements of Simple Folk (Oxford, 1933) -Ed. Grassini.
(**) Sirdar Ikbal Ali Shah, Islamic Sufism (London 1933), p.p. 31-32.
Une des conditions essentielles à la pratique du yoga comme de toute religion est de se laisser absorber par le Divin en se dévouant totalement à Lui.
De fait, quel meilleur Guide pourrait-on prendre ?
Ne dit-on pas en effet qu'il vaut mieux d'adresser au Bon Dieu qu'à ses Saints ?
Ne dit-on pas en effet qu'il vaut mieux d'adresser au Bon Dieu qu'à ses Saints ?
8 avril 2011 : ai rajouté le paragraphe final sur la dévotion.
7 avril 2011 : ajouté le chapitre sur le Yoga. Ai remis les remarques préliminaires en tête.
5 avril 2011 : ai rajouté les remarques préliminaires expliquant le rapport du bouddhisme aux autres religions.
3 avril 2011 : ai rajouté les pensées du Dalaï-Lama.
1er avril 2011 : ai confié le lien du lotus vert aux affaires étrangères.
7 avril 2011 : ajouté le chapitre sur le Yoga. Ai remis les remarques préliminaires en tête.
5 avril 2011 : ai rajouté les remarques préliminaires expliquant le rapport du bouddhisme aux autres religions.
3 avril 2011 : ai rajouté les pensées du Dalaï-Lama.
1er avril 2011 : ai confié le lien du lotus vert aux affaires étrangères.
31 mars 2011 : ai créé la page.
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